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Association Consultations Psychologiques de Paris-sud
Articles récents

Les six problèmes de couple les plus souvent évoqués en thérapie par la génération Y

12 Février 2018 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

par  Brittany Wong pour le  The HuffPost, le 12/02/2018

COUPLE - Trouver l'âme sœur –et entretenir une relation de couple– n'a jamais été facile, et ça l'est d'autant moins pour la génération Y, qui a aujourd'hui entre 20 et 35 ans.

 

Selon Tara Griffith, psychologue et fondatrice de Wellspace SF, une communauté de thérapeutes, nutritionnistes et coachs agréés, "la nouvelle génération a, contrairement à ses parents, grandi dans un monde envahi par les applications de rencontres. Le temps des rencontres toutes simples, qui débouchaient sur un mariage avec le garçon ou la fille d'à côté, est définitivement révolu. L'abondance de choix rend l'engagement encore plus difficile pour une génération qui a été conditionnée à tout avoir."

1. "Est-ce que j'ai fait le bon choix au niveau sentimental?"

"La génération Y a souvent du mal à prendre des décisions. Avec l'avènement de l'ère de l'information, les rencontres sont influencées par un nombre pléthorique de plateformes, toutes destinées à trouver 'l'âme sœur'. Paradoxalement, cette abondance de prétendants provoque souvent une grande anxiété et la peur de rater le partenaire idéal. Mais si vous vous efforcez plutôt d'être le genre de partenaire que vous voudriez avoir, vous donnerez de l'importance à un critère de la rencontre que vous pouvez contrôler. Vous serez moins anxieux lors de vos rendez-vous et, en vous montrant tel que vous êtes, vous gagnerez en maturité", détaille Liz Higgins, une thérapeute de couple installée à Dallas, dont la plupart des patients ont entre 20 et 30 ans.

 

2. "A quoi bon se marier?"

Selon Tara Griffith, "les jeunes d'une vingtaine d'années choisissent souvent de donner la priorité à d'autres aspects de leur vie tels que les études, leur carrière, les voyages ou les expériences diverses avant de s'installer durablement avec un partenaire. Certains ne se mettent en couple que tardivement, lorsqu'ils ont déjà gagné leur indépendance et gagnent leur vie. Avoir des enfants sans se marier ne choque plus personne. Certains jeunes ne voient plus trop l'intérêt de s'embarrasser d'un certificat de mariage qui risque de compliquer les choses, tandis que d'autres ont une vision désabusée de cette cérémonie, après avoir vécu le divorce de leurs propres parents".

 

3. "Je ne sais pas comment interpréter son texto."

"Les SMS sont devenus le mode privilégié de communication de la génération Y, mais nombre de jeunes peinent à les décoder. Interpréter une intonation en se fiant uniquement à un mot ou un signe de ponctuation peut se révéler très frustrant, voire désastreux. De plus, nombre de mes patients deviennent fous à force de vouloir écrire la réponse parfaite et finissent par y consacrer beaucoup trop de temps et d'énergie. L'essentiel de notre communication est non verbale. Elle s'établit à travers une intonation, une expression faciale et le langage corporel: les ados (comme les adultes d'ailleurs) feraient donc mieux de communiquer davantage par téléphone ou en direct", nous confie Jess Hopkins, une coach de vie agréée qui travaille avec des jeunes à Los Angeles.

4. "Pourquoi est-ce que je ne rencontre personne?"

"Beaucoup de trentenaires voient leurs amis se marier et avoir des enfants, alors qu'eux-mêmes restent désespérément célibataires. Même si ces mariages ont lieu de plus en plus tard, la génération Y s'inquiète souvent de ne pas connaître la vie de couple ou tout simplement de ne pas s'y sentir prête", explique Rachel Kaez, psychologue établie à Chicago et fondatrice de All Along, un programme qui aide à mieux comprendre les problèmes de santé mentale et à trouver une thérapie adéquate.

5. "Je ne veux pas dépendre financièrement de mon/ma partenaire."

"La question pécuniaire est abordée par les jeunes couples que je reçois, surtout avant le mariage. Pour eux, l'argent est souvent synonyme de prise de contrôle ou de déséquilibre des pouvoirs, deux éléments considérés comme indésirables au sein d'une relation. Personne ne veut se sentir contrôlé, jugé ou dépendant financièrement. Il peut être très utile de définir précisément les attentes de chacun en termes financiers, d'envisager plusieurs scénarios (par exemple, comment le couple fonctionnerait-il si l'un restait à la maison tandis que l'autre travaillait?) et de fixer des limites. De nombreux couples trouvent plus pratique d'avoir leur propre compte bancaire, en plus d'un compte commun. Le plus important, c'est que chaque couple détermine ses objectifs et ce qui fonctionne le mieux pour lui", reprend Lizz Higgins.

6. "Je suis prêt.e à passer à la vitesse supérieure, mais pas mon/ma partenaire."

"J'ai entendu énormément de jeunes femmes se plaindre d'être prêtes pour une relation sérieuse tandis que leur copain persistait à faire la fête et jouer aux jeux vidéos. Elles se demandent s'il finira par grandir, si elles doivent rester avec lui et attendre qu'il se décide à changer et à leur accorder davantage d'attention, ou tout simplement passer à autre chose", conclut Joyce Morley, thérapeute conjugale à Decatur (Géorgie).

Cet article, publié à l'origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Elisabeth Mol pour Fast For Word.

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L'Homme et son cerveau, par Catherine Morin

17 Janvier 2018 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

Les connaissances scientifiques sur le cerveau ne cessent de progresser. Ces progrès remettent-ils en question la place des psychanalystes dans la prise en charge des maladies mentales ou neurologiques chroniques ? Quelles conséquences pour la pratique des uns et des autres ?

Ces questions se posent à ceux qui veulent travailler ensemble pour mieux traiter les troubles psychiques, les maladies neurologiques et mentales, et être à l’écoute de leurs patients. Comment penser les rapports entre psychanalyse, neurologie et neurosciences pour mieux soigner ?

C’est tout l’enjeu de ce livre qui précise les points de vue et les méthodes des neuro-scientifiques, des neurologues et des psychanalystes.

Pour un dialogue entre neurosciences et psychanalyse au bénéfice du patient.

Catherine Morin est neurologue et a travaillé de 1977 à 2010 comme chargée de recherches à l’Inserm dans le service de médecine physique et réadaptation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Elle est membre de l’Association lacanienne internationale et de l’International Society of Neuropsychoanalysis. 

Feuilleter l'ouvrage :

https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/homme-et-son-cerveau_9782738135322.php#

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Patients en situation irrégulière : Buzyn désavoue l'Agence régionale de santé de Paca

4 Janvier 2018 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

Un article d'Eric Favereau paru dans Libération le 4 janvier 2018

Ladite agence demandait aux hôpitaux psychiatriques de participer au processus administratif de reconduite à la frontière des patients hospitalisés sans leur consentement.

Agnès Buzyn a tranché. Ce jeudi matin, la ministre de la Santé a désavoué l’Agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte-d’Azur en lui demandant de retirer sur le champ la lettre directive qu’elle avait adressée aux directeurs d’hôpitaux psychiatriques de sa région. Dans ce courrier, l’agence leur demandait de participer aux notifications d’obligation de sortie du territoire des patients hospitalisés sans consentement qui se trouvent en situation irrégulière. L’initiative de l’ARS était pour le moins déroutante. D’autant que l’équilibre est toujours délicat entre le monde de la police et celui de la psychiatrie, surtout en matière d’ordre public.

Début décembre, la direction de l’ARS a pourtant adressé un courrier aux directeurs d’hôpitaux, à propos de la reconduite aux frontières des patients en situation irrégulière. «Pour prévenir l’ordre public, le suivi des hospitalisations sans consentement fait l’objet d’une attention particulière de la part des autorités préfectorales», écrit-elle. «Parmi les personnes prises en charge, et qui sont susceptibles de faire l’objet d’une levée de la mesure des soins sans consentement, quelques patients se trouvent en situation irrégulière et ont vocation à quitter le territoire national… Dans la mesure où ces patients sont pris en charge par vos équipes, je vous informe que mes services vous communiqueront en même temps l’arrêté préfectoral de levée des soins sans consentement, la décision de l’obligation de quitter le territoire ainsi qu’une notification à faire signer par le patient.»

L’ARS avait-elle reçu des pressions de la part de la préfecture ? On n’en sait rien. En tout cas, elle continue dans sa lettre : «Une fois signée, il vous appartiendra de renvoyer la notification à nos services dans les plus brefs délais… Dans le cas de refus de signature de l’intéressé, vous voudriez bien retourner à nos services la notification avec la mention refus de signer, contre signée par un cadre soignant. Je vous remercie pour votre coopération dans la mise en œuvre de cette procédure.»

Bref des demandes ahurissantes de la part d’une agence sanitaire. «Notre rôle est de soigner, non pas de regarder les papiers», dit le Dr Alain Mercuel qui préside la commission médicale d’établissement de l’hôpital Sainte Anne à Paris. Le 29 décembre, les deux syndicats importants de la psychiatrie publique avaient fortement réagi dans un communiqué commun : «Certaines ARS viennent de donner l’instruction aux établissements psychiatriques de faire signer sous contrôle des cadres de santé, pour une transmission aux préfectures, les notifications d’obligation de quitter le territoire pour des patients hospitalisés sous contrainte. Cette collusion entre des agences chargées de la santé et des décisions de police intérieure est regrettable.» Puis : «La consigne donnée aux personnels soignants de devenir des agents administratifs pour le compte du ministère de l’Intérieur est inacceptable… Nous n’avons pas l’intention de collaborer à de tels mélanges des genres... Nous appelons la ministre de la Santé à faire annuler ce type de directives.» Appel entendu.

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Un livre pour rêver, au moment de Noël

21 Décembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud

Contes de la nuit grecque

d'Anna Angelopoulos

chez José Corti

Voici la première traduction en français d’un vaste corpus varié de plus de cinquante contes grecs de transmission orale issus de toutes les régions hellénophones. Ils viennent pour bon nombre d’entre eux de sources inédites. Anna Angelopoulos est connue pour avoir établi l’édition du Catalogue raisonné du conte grec, elle était donc la mieux à même de réaliser cette anthologie.

Les contes merveilleux qui représentent la majorité des textes de ce recueil très varié sont des récits mythiques qui entretiennent souvent un lien narratif et sémantique avec les mythes de l’antiquité grecque. En même temps, ces contes s’articulent autour de différents thèmes qui mettent en valeur certaines problématiques archaïques souvent refoulées. Ils tournent fréquemment autour de la question de l’initiation de la jeune fille ou du jeune homme, et notamment l’initiation amoureuse. En Grèce, il n’a y a pas eu un Perrault ou une Madame d’Aulnoy pour réécrire et reformuler les récits populaires. On a souvent l’impression que le conteur est plus libre dans son expression orale, moins soumis à la censure du genre écrit.

Les contes populaires grecs, tout en faisant partie de cette grande famille de récits que l’on rencontre de l’Europe jusqu’à l’Inde, présentent avec les autres contes des Balkans des spécificités que l’on retrouve aussi dans les pays de langue arabe et de langue turque. Nous sommes là en Méditerranée orientale dans un espace propice aux transformations mythiques dans un lieu de passage où l’on peut suivre le parcours des récits qui voyagent, comme ils l’ont toujours fait, d’un endroit à l’autre.

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"12 jours", film de Raymond Depardon

13 Décembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Le Film de Raymond Depardon tourné à l'hôpital du Vignatier et produit par Claudine Nougaret, à Lyon sort dans les salles.

La Loi de 2013 sur les soins psychiatriques et l'hospitalisation sans consentement a été retoquée par le conseil constitutionnel, introduisant l'obligation pour le malade d'être vu par le juge des libertés. Raymond Depardon a filmé ces audiences, une fenêtre sur les pratiques de soins actuelles en France, qui donne à réfléchir sur la liberté et l'enfermement.

Le journal Suisse Le Temps a proposé une interview Depardon, le 8 décembre 2017 la voici :

 

Raymond Depardon: «La psychiatrie est très cinématographique»

Avec «12 jours», le Français signe un documentaire puissant sur les personnes internées de force. L’occasion d’une rencontre avec le cinéaste-photographe

Douze jours. C’est le délai durant lequel les personnes internées en psychiatrie contre leur gré doivent être présentées à un juge, depuis la loi du 27 septembre 2013 en France. Un sujet comme une évidence pour Raymond Depardon. Le cinéaste-photographe s’est penché sur un asile vénitien – San Clemente – et sur les urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Il a suivi des délinquants pris en flagrant délit puis assisté à des audiences à la 10e chambre du tribunal correctionnel de la capitale.12 jours, en salle mercredi 13 décembre, réunit le monde des soins psychiatriques et celui de la justice.

Le film démarre par un long travelling dans un couloir vert clair, nu et silencieux. Nous sommes à l’hôpital du Vinatier, à Lyon, le plus important complexe psychiatrique du pays. Dans un simple bureau, des juges se relaient pour recevoir les patients enfermés malgré eux et leurs avocats. La caméra passe de l’un à l’autre, en plan serré le plus souvent. L’entretien dure quelques minutes et c’est toute une vie qu’il faut résumer. Les patients suintent l’angoisse, la misère, la colère parfois.Tous exposent un parcours cabossé et l’envie de se reconstruire dehors. Ils semblent seuls et démunis face au verdict des médecins et au jargon des juges. Fidèle à sa manière, Depardon filme sans commenter. Et le public encaisse une réalité brute. Entretien.

Le Temps: Pourquoi ce sujet?

Raymond Depardon: Depuis longtemps avec Claudine Nougaret, mon épouse, nous avions envie de revenir sur le sujet de la psychiatrie sans savoir par quel biais l’aborder. La magistrate Marion Primevert, que j’avais rencontrée sur le tournage de 10e chambre, est venue me voir avec la psychiatre Nathalie Giloux pour me parler de cette loi votée en 2013. Je l’ignorais. Elles m’ont proposé d’aller assister à quelques audiences au Vinatier, où travaille Nathalie Giloux. Cela m’a intéressé parce que je n’avais jamais tourné dans la région lyonnaise, d’où je viens. J’ai trouvé cela difficile à filmer. Il s’agit d’un bureau transformé en salle d’audience, tout le monde est en civil…Mais l’intérêt se situe dans les gens, des gens que l’on n’avait jamais vus. L’absence du psychiatre, qui joue pourtant un rôle capital, est l’autre élément qui m’a plu. Le patient s’exprime librement durant cinq à dix minutes.

– Avez-vous rencontré des difficultés à obtenir des autorisations?

– Les précédents films sur la justice m’ont aidé. Les magistrats m’ont fait confiance. Je crois qu’ils apprécient le fait que je travaille avec peu de matériel, sans mise en scène. Je fais en sorte de ne pas déranger les gens, comme un parfait abat-jour ou un portemanteau. Peut-être parce que je viens de la photographie. L’école de la magistrature, à Bordeaux, qui se sert de mes films comme matériel.

– Comment s’est passé le tournage?

– Je voulais que rien ne m’échappe de cette discussion presque hors justice. J’avais remarqué le regard des patients, fixe; ils ne clignaient pas des yeux, sans doute à cause des traitements. C’était impressionnant et je les voulais en gros plan. Idem avec le magistrat. Pour la première fois, j’ai travaillé avec des caméras numériques car les audiences durent entre dix et quinze minutes et la pellicule ne va pas au-delà de dix. J’avais un peu peur, moi qui suis toujours resté fidèle à l’argentique, en photographie aussi. On m’a proposé de louer des objectifs Panasonic à Los Angeles. Je voulais de la qualité. Ces gens-là, il ne faut pas les esquinter, ne pas rajouter de la misère à la misère. Nous avons tourné avec un peu plus de 70 personnes et en avons gardé 10. C’est un bon ratio. Plus je vieillis, moins je tourne! On a écarté les cas trop semblables et refusé d’être complaisants. Je ne voulais pas de cris ou de personnes se tapant la tête contre les murs. La psychiatrie est très cinématographique.

– Comment ressort-on d’un tel tournage?

– C’est difficile. Lorsqu’ils sont face à la justice, les gens disent: «Je suis innocent». Là, ils disent: «Je veux sortir». Le Vinatier est un hôpital avec un grand terrain, genre paternaliste. Il n’y a plus de barrières, mais des clés électroniques. Ce sont plutôt les infirmiers qui sont enfermés dans une sorte de cage de verre. Il y a deux salles de télé, deux cours de promenade, des grillages aux fenêtres. Les murs sont nus. On n’entend presque plus de cris. Je me sens plus proche des patients que des prisonniers; il y a quelque chose de mystérieux dans la maladie mentale, des fulgurances, parfois proches de la poésie.

– Vous vous penchez beaucoup sur les gens en souffrance ou perdus face aux institutions. Pourquoi?

– C’est bizarre. J’ai eu une enfance heureuse dans la vallée de la Saône. Mes parents étaient très XIXe siècle mais ils ne m’ont jamais donné une gifle. C’étaient des gens adorables. En faisant mon métier de photographe, de journaliste, j’ai été enfermé quelquefois, à Prague, au Tchad. Je me suis même un peu réfugié en Suisse après l’affaire Claustre [une archéologue française enlevée au Tchad, que Raymond Depardon a filmée avant sa libération, ndlr]. J’étais à ramasser à la petite cuillère à cette époque, je photographiais toujours des combattants contre les murs.

Pour la rétrospective actuelle à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Agnès Sire a identifié quatre thématiques principales dont l’enfermement. C’est là, présent. C’est un sujet qui m’intéresse mais par quel bout le prendre? Où mettre la caméra? Si tu te fais enfermer dedans, tu ne vois plus rien et la porte entrouverte ne veut rien dire… Il y a toujours cette équation de la distance, du cadre, de la lumière aussi.

– La méthode Depardon, c’est l’anti-voix off. Les scènes doivent-elles parler d’elles-mêmes, comme les photographies?

– J’aime le cinéma direct. On m’a dit il y a longtemps que je faisais de l’ethnométhodologie. Mais il m’arrive aussi de réaliser des films parlés. Lorsque je suis chez moi, en France, je préfère laisser

raconter les gens et disparaître. Ailleurs, quand je filme en qualité d’Occidental, en tant qu’homme concerné, je me dois de dire qui je suis, de me présenter. Je n’arriverais pas non plus à faire du cinéma direct sans une pression: de l’homme politique, du rédacteur en chef, du psychiatre, du juge… Il me faut un rapport tendu, une hiérarchisation. Je ne pourrais pas faire des films sur une sage-femme ou un pompier, par exemple. 

– Vous signez vos films avec votre épouse Claudine Nougaret. On dit même que votre voyage de noces s’est transformé en tournage.

– Oui, notre voyage de noces s’est déroulé aux urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, il y a juste trente ans. Claudine s’occupe du son, elle est directrice artistique sonore. Nous parlons beaucoup, nous hésitons, nous nous engueulons parfois. C’est assez rare le cinéma en couple, ce sont plutôt des frères qui travaillent ensemble d’habitude. Nous sommes très fiers car nous avons inauguré il y a quelques jours une salle Nougaret-Depardon à l’école Louis-Lumière. C’est bien pour la parité, bien pour le son et l’image.

– Comment décidez-vous de traiter tel sujet en photographie, tel autre en vidéo ou parfois d’utiliser les deux moyens, comme pour «Les Habitants»?

– C’est l’attirance, le plaisir. L’alternance permet de garder le plaisir, de se remettre en cause et d’avancer. Je me souviens de Rohmer et Rouch qui disaient: «Il faut qu’il y ait toujours une passion.» Eux vivaient même d’autre chose, ils étaient ethnologues, enseignants… et quand ils faisaient leurs films, c’était vraiment pour leur plaisir. Là, j’ai envie de photographie parce que je viens de passer presque un an à tourner et à monter. Je ne sais pas si je vais aller en Afrique, en Amérique du Sud, en France…

Lorsque je suis dans le désert, je songe à rentrer faire un film en France, dans un commissariat. Et lorsque je suis à Paris dans les embouteillages, je pense à la lumière unique de la Patagonie ou aux gens qui m’attendent au Tchad. Ils me disent «vous avez trop duré Raymond», lorsque je ne suis pas revenu depuis longtemps. Le problème, c’est que j’aime beaucoup d’endroits et que j’ai toujours envie de retourner dans ces lieux. J’ai peur d’aller dans un nouveau pays à cause de cela! En alternant ainsi, j’ai préservé mon cinéma et vécu de la photographie.

– L’attrait pour la photographie est venu en découvrant l’appareil de votre frère.

– Oui. Et comme je n’ai pas fait d’études secondaires, mon père est allé voir le photographe du coin un jour de marché pour lui demander de me prendre comme apprenti. J’avais quinze ans, j’ai appris ainsi. Cela a été ma chance, avant que je ne parte à Paris, moi le petit provincial.

– Etre fils de paysans vous a longtemps complexé mais vous dites que cela vous a également aidé à approcher les gens.

– J’étais très casanier mais par chance, on m’a envoyé très tôt à l’étranger. J’ai commencé à m’y plaire. Je rencontrais beaucoup de paysans et j’étais à l’aise. C’était ma petite vengeance par rapport aux photographes des grandes villes, qui étaient un peu intimidés face aux nomades, aux gens sur les routes… Moi pas, je me mets en face d’eux et je souris. On ne parle pas la même langue mais quelque chose passe car j’ai eu cette enfance rurale. Il était beaucoup plus difficile pour moi de photographier des femmes à Paris. Fils de paysans complexé, je les prenais toujours de dos et on se moquait de moi pour cela!

– Que retenez-vous de Magnum?

– Magnum a été un tremplin. Je suis passé d’une agence régionale, Gamma, avec ses petites jalousies, à une agence internationale. J’y ai découvert une génération au regard tendre, quelque chose d’un peu usé, fatigué. Certains avaient 60 ou 70 ans. Les Fusco, Burt Glinn… Ils avaient fait la révolution à Cuba, des choses incroyables, ils avaient des vêtements patinés, un vieux sac en daim… et ils voulaient toujours être photographes. C’était rassurant!

– La rétrospective qui vous est consacrée à la Fondation HCB s’intitule «Traverser». Pourquoi?

– C’est un hommage à Nicolas Bouvier et à Bruce Chatwin. L’idée de mouvement, de continuer et de se remettre toujours en question. Je n’ai pas envie de tirer le bilan, de faire des monographies, ce genre de choses… Mais je sens bien que certains journalistes en ont marre: ils disent que je suis «un marronnier». Je ne veux pourtant prendre la place de personne, je suis le premier à la laisser aux jeunes. J’ai suffisamment souffert de mes pairs par rapport à cela.

Cartier-Bresson, je l’aime bien, c’est un très grand photographe. Mais quand vous allez voir un éditeur et qu’il vous répond: «On ne va pas faire un livre parce que tu n’es pas Cartier-Bresson.» J’en avais marre et je l’ai dit une fois. On m’avait répondu: «Ouh là là! Tu attaques le père, le maître.» Pas du tout, mais je ne voudrais pas être comme cela!

En dates

1942: Naissance dans une famille de cultivateurs à Villefranche-sur-Saône.

1954: Premiers instantanés à la ferme.

1956: Engagé comme apprenti chez un photographe de Villefranche-sur-Saône.

1958: Devient l’assistant de Louis Foucherand, après avoir trouvé son adresse à la rubrique reporter-photographe de l’annuaire.

1960: Rentre à l’agence Dalmas.

1966: Crée l’agence Gamma.

1970: Premier voyage au Tchad avec notamment Gilles Caron.

1974: Premier long-métrage documentaire, sur la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing. Une partie de campagne ne sortira en salle qu’en 2002.

1978: Rejoint Magnum. Tourne San Clemente dans un hôpital psychiatrique vénitien, après un travail photographique sur le sujet.

1984: Participe à la mission photographique de la Datar.

1989: Photographie la chute du mur de Berlin.

1995: «Délits flagrants» obtient le César du meilleur documentaire.

2000: «Détours», première grande exposition à la Maison européenne de la photographie.

2004: Commence à photographier la France et son territoire, une mission qui durera cinq ans.

2012: Réalise le portrait officiel de François Hollande.

2017: «12 jours» est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes.

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En psychiatrie, peut-on refuser à un patient de recevoir du courrier?

1 Décembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

Hospitalisé en psychiatrie, le patient reste sous le régime du droit général. Le juge administratif a ainsi estimé illégale une mesure de rétention de courriers et obtenu une indemnisation.

Par Eric Péchillon, Professeur de Droit Public

Pour accéder à l'article de la revue Santé mentale :

http://www.santementale.fr/en-ligne/le-droit-en-pratique/en-psychiatrie-peut-on-refuser-a-un-patient-de-recevoir-du-courrier.html

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Psychiatrie, de plus en plus de soins sans consentement

21 Novembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

Entre 2012 et 2015, le nombre de patients soignés en psychiatrie sans leur consentement a augmenté de 15 %. De plus en plus, ces soins se font hors de l’hôpital.

Par

Peut-on priver une personne de sa liberté pour la soigner ? La question n’est certes pas nouvelle en psychiatrie. Mais elle prend désormais une acuité particulière face à des chiffres qui interpellent. En 2015, plus de 1,7 million de personnes, âgées de 16 ans ou plus, ont été suivies en France dans un établissement psychiatrique. Parmi elles, 92 000 ont été prises en charge sans leur consentement. Un chiffre en augmentation de 15 % par rapport à 2012. « Et la tendance se poursuit puisqu’en 2016, on recensait 94 000 patients soignés sans leur consentement », précise Magali Coldefy, maître de recherche à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

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https://www.la-croix.com/Journal/Psychiatrie-soins-sans-consentement-2017-11-21-1100893472

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Haute autorité de santé n'estime pas satisfaisante la prise en charge des dépressions

9 Novembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux, #thérapeutiques

Le recours aux antidépresseurs doit être limité à certains cas, suivi et associé à une psychothérapie

"Quel que soit le niveau de dépression, la prise en charge repose en premier lieu sur un soutien psychologique qui peut tout à fait être conduite par le médecin traitant, par un psychologue ou un psychiatre pour les cas complexes et/ou sévères notamment. Il peut prendre la forme d’une psychothérapie de soutien ou d’autres psychothérapies.

Les antidépresseurs ne doivent pas y être systématiquement associés : ils ne sont pas indiqués en cas de dépression légère, peuvent être envisagés pour les dépressions modérées et doivent en revanche être proposés d’emblée pour les dépressions sévères (voir tableau en infra). Des consultations régulières toutes les 4 à 8 semaines doivent être programmées pour évaluer la tolérance et l’efficacité du traitement, le moduler si besoin, et surveiller d’éventuels comportements suicidaires ou des facteurs extérieurs pouvant les déclencher. Une fois les symptômes disparus, le traitement médicamenteux devra être poursuivi entre 6 et 12 mois pour prévenir le risque de rechute ; l’arrêt sera progressif et accompagné par le médecin".

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Les ados ont besoin d’être aimés autrement

11 Octobre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Sujets et enjeux

, La Croix 

Le dernier livre de Marie-Rose Moro nous invite à croire en nos ados pour leur donner envie de grandir et de changer le monde.

Après avoir redonné confiance aux parents – Avec nos ados, osons être parents !, Éd. Bayard –, la pédopsychiatre et psychanalyste Marie-Rose Moro signe, avec Odile Amblard, un autre livre sur les adolescents, destiné à tous les éducateurs, y compris les parents. À la une de la couverture, cette fois, un point d’interrogation :

Et si nous aimions nos ados? 

La proposition ne manquera pas de faire sourire la plupart des parents. Bien sûr que nous les aimons nos grands dadais flegmatiques, difficiles à réveiller, assoiffés d’indépendance ou en demande de câlins ! Oui, mais voilà, alerte la spécialiste, malgré tout notre amour, nous ne croyons pas suffisamment en eux. Et ils en souffrent !

Près d’un adolescent sur deux a une estime de soi défaillante 

En effet, selon la directrice de la Maison de Solenn, la maison des adolescents de l’hôpital Cochin, à Paris, « environ un adolescent sur deux a une estime de soi défaillante ». Des parents s’étonnent. N’ont-ils pas toujours été des adultes aimants, valorisants pour leur enfant ? « Ce n’est la faute de personne », tempère la psychanalyste.

Certains ados ont besoin de plus de temps que les autres pour affronter la réalité. D’autres sont blessés par le décalage existant entre ce que leurs parents disent d’eux (« tu es le plus beau, le plus fort »), et ce qu’ils découvrent à l’école. « Ils ne sont pas tous les plus géniaux, ils peuvent avoir des difficultés et apprendre à les surmonter », écrit l’auteur.

Pour elle, il est essentiel de changer son regard sur les adolescents. Le discours ambiant véhicule souvent une image négative sur cette tranche d’âge. On les dit paresseux, violents, accros aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux… Haro sur les clichés ! Les ados inquiets, pas très sûrs d’eux, peuvent les intérioriser et s’y conformer.

Une période de grande vulnérabilité psychique

L’adolescence, un âge ingrat ? La pédopsychiatre rappelle qu’elle est une période de grande vulnérabilité psychique. Le regard porté par les adultes est déterminant sur la capacité des ados à se projeter dans l’avenir. Ils sont aussi très malléables car leur cerveau n’est pas fini, leur personnalité n’est pas fixée. « Cela signifie que nous ne pouvons attendre des jeunes qu’ils se comportent comme des adultes », insiste Marie-Rose Moro. Même s’ils sont de grande taille, les ados sont encore petits dans leur tête.

Aussi devons-nous les accompagner dans leurs tâtonnements pour trouver leur identité personnelle, sexuelle, professionnelle. C’est un âge crucial durant lequel s’installent les habitudes de vie : se nourrir, s’habiller, prendre soin de soi. De l’adolescence dépend la vie future !

Plus que jamais, les ados ont besoin des parents pour les protéger, les encadrer, donner du sens à leur vie. Il faut, plaide l’auteure, se mobiliser pour donner à son enfant l’envie de vivre, les moyens de grandir, le désir d’entrer dans le monde et de le changer.

 
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C'est la pause

19 Juillet 2017 , Rédigé par c-p-p-sud

Nous serons à nouveau disponible pour vous accueillir et vous écouter

au 01 46 38 82 41

à partir du Lundi 4 Septembre.

En cas d'urgence, vous pouvez contacter à proximité :

L'hopital Corentin Celton à Issy les Moulineaux

tel : 01 58 00 40 00

A bientôt

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