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Association Consultations Psychologiques de Paris-sud

Articles avec #cinema tag

Film à voir : Hors normes sur les écrans actuellement

15 Novembre 2019 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma, #Actualités, #autisme

Ce film de Olivier Nakache et Eric Toledano

est une comédie dramatique sortie en Octobre 2019 dans les salles.

Elle est jouée principalement par Vincent Cassel, Reda Kateb et Hélène Vincent.

Ce film s'est inspiré de l'expérience de deux éducateurs engagés dans deux associations d’Île de France:

  • l'une accueillant nuit et jour des personnes autistes aux troubles sérieux, et pratiquant une prise en charge "un pour un",
  • l'autre  s'adressant à des jeunes,  dans le but de réinsertion et de formation à l'accompagnement de ces personnes autistes.

Si le film se centre sur les difficultés de vie de ces associations, dans un paysage institutionnel français qui peine à accueillir les tentatives expérimentales et altruistes hors les normes prévues par les protocoles,

il est à remarquer que, hormis les acteurs professionnels, les acteurs jouant les autistes et leurs accompagnants, ainsi que certains soignants de l'U.S.I.DA.T.U.  sont vraiment dans leur vraie vie.

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La folie à l'abandon

18 Mars 2019 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Un documentaire à voir sur France 3

Mercredi 20 Mars à 20h50

 

LA FOLIE À L'ABANDON

A l'occasion des Semaines d’information de la Santé mentale et des Semaines de la folie ordinaire qui auront lieu du 18 au 31 mars, France 3 diffuse le documentaire "La Folie à l'abandon".

Dans une récente interview au Monde, l'écrivain et académicien Erik Orsenna déclarait lui-même : "Le problème chez moi, c’est l’état explosif, le trop dans l’envie de vivre. Ma terreur, ce n’est pas de mourir, c’est de devenir fou."

C'est sans doute pour beaucoup sinon une terreur comme pour Orsenna, du moins une crainte. Mais sait-on pour autant ce qui se passe en France, en 2019, quand par malheur la folie frappe à votre porte ou à la porte d'un proche ?

Eh bien, c'est justement le projet de ce film : raconter ce qui se passe aujourd'hui quand on a une maladie mentale. Et le constat est cruel pour une première raison simple : la psychiatrie, souvent décriée mais dont le rôle reste pourtant incontournable, est comme en voie de disparition. Et du coup, l'hôpital se retrouve petit à petit remplacé par deux autres lieux, totalement inadaptés à la maladie mentale : la rue et la prison.

Pour les maladies mentaux comme pour la société toute entière, les conséquences sont dramatiques.

Mais fort heureusement, émergent de nouvelles initiatives, étonnantes, et prises par les malades eux-mêmes.

Patients et leurs familles, psychiatres, députés, juges, chercheurs, avocats, bénévoles associatifs témoignent ensemble dans ce documentaire.

Quelques chiffres

Selon une étude récente, près de 60% des Français se déclarent être affectés ou avoir été affectés par une maladie mentale, ou connaître dans leur entourage un proche qui en souffre. Selon une autre étude, 38 % de la population européenne aurait souffert de troubles mentaux au cours des douze derniers mois.

Aujourd’hui, les maladies mentales, placées au deuxième rang des causes mondiales de handicap par l’Organisation mondiale de la santé, pourraient occuper le premier rang à l’horizon 2020.

Le pic d’apparition des maladies mentales est situé par l'OMS entre 15 et 25 ans, et ces pathologies du jeune adulte comme leur évolution, souvent chronique, ont bien sûr des conséquences dramatiques sur la vie des patients et sur la société dans son ensemble — désinsertion familiale, sociale, professionnelle, etc.

En prison au moins un trouble psychiatrique de gravité plus ou moins importante a été repéré chez 55 % des détenus ; un prisonnier sur cinq a déjà été en psychiatrie ; et pour la moitié des entrants un suivi psychiatrique est préconisé, le plus souvent sans suite…

Le constat est sans appel : loin d’être anecdotiques, les maladies mentales constituent à l’évidence un enjeu majeur pour chacun d'entre nous comme pour notre lien social. Or, contre toute logique, la folie est aujourd'hui non seulement mal connue et sous-estimée, mais à l'occasion niée.

 

Mercredi 20 Mars à 20h5020 MARS À 23H50RCREDI 20 MARS À 23H50

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Sortie du film "Lucky hours - Les jours heureux" de Martine Deyres

13 Mars 2019 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

A l'occasion du Festival de Nyon (Suisse) "Cinéma du réel"

sera présenté la première mondiale du film :  "Lucky hours - Les jours heureux"

de Martine Deyres

sur l'asile de St Alban dans le village isolé de Lozère.

Entre 1939 et 1945, 45 000 internés sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe : l'asile de St Alban, village isolé de Lozère. Que s'y est-il passé qui a fait exception ?

Synopsis

Retraçant sur plusieurs décennies l'histoire de ce haut lieu de la psychiatrie, à partir de précieuses archives filmées et des récits de ceux qui y ont travaillé, Martine Deyres répond à cette question et démontre, ce faisant, comment le courage politique et l'audace poétique qui y ont été mis en pratique ont participé à changer le regard porté par la médecine et la société sur la folie. Se sont croisés dans ce creuset du mouvement dit « psychothérapie institutionnelle », des résistants, des artistes, des médecins et des philosophes – parmi eux Paul Éluard, Tristan Tzara ou encore Georges Canguilhem. Aux côtés des médecins, des infirmiers, des habitants et des malades, tous ont fait partie d'une aventure humaine dont le dévoilement n'est pas un geste de nostalgie, mais bien un appel, nécessaire et urgent, à faire preuve du même courage, des même capacités d'inventions, dans les luttes d'aujourd'hui. 

Voir la bande annonce sur le site du festival Visions du réel :

https://www.youtube.com/watch?v=C3KD-VWYh18

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Documentaire "Comme elle vient" de Swen de Pauw

10 Janvier 2019 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Après le document "Le divan du Monde" (2015), voici un second film qui sort en salles le 9 janvier sur le psychiatre et psychanalyste Georges Federmann.

Le "Divan du Monde" montrait un psychiatre et psychanalyste de Strasbourg qui ouvrait sa porte aux réfugiés et aux sdf, qui n'étaient pas reçus dans les circuits de soins.

Georges Federmann

           Dans ce documentaire filmé en face à face, à l’aube de la retraite, au cœur d’une nuit de janvier, Georges Federmann se confie.

           Dans un entretien enregistré à son domicile, face à la caméra 16mm, le psychiatre n’écoute plus : il parle, il pense. Il n’accompagne plus le patient, mais le spectateur, dans sa réflexion débordante.

          En racontant sa vie, ses passions, ses luttes et ses déceptions, il perpétue son combat humaniste pour ceux qui n’ont plus la force ou le verbe de le faire.

 

Sur le site du producteur, des témoignages sont cités, en voici une parcelle, provenant d'une médecin généraliste, Dominique Dupagne :


            " Pour un médecin, ce reportage est profondément déstabilisant. L’analyse de Georges Federmann interroge sur notre propre pratique.

            Qu’est-ce qui motive réellement notre exercice ? Que faisons-nous pour honorer le serment que nous avons prêté en soutenant notre thèse ?

          Chacun aura une réponse différente, mais visionner "Comme elle vient" est une piqûre de rappel, une claque salutaire qui peut réveiller notre conscience. Mais cette conscience ne devrait-elle pas être éveillée dès notre formation ? Et d’ailleurs, la piqûre initiale a-t-elle vraiment été réalisée ? Quelle faculté de médecine consacre ne serait-ce qu’une heure à ces réalités ? Il faut donner à voir Comme elle vient à tous les étudiants en médecine dans le cadre de l’enseignement de l’éthique médicale. Il faut que chaque médecin le regarde au moins une fois dans sa vie. "

Vous pouvez lire ces témoignages ici :

http://www.projectile.eu/comme-elle-vient/

Mais surtout aller en salles voir ce film et en parler autour de vous

 

 

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Sortie du film "La faim des fous", de Franck Seuret

19 Septembre 2018 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Si durant la seconde guerre mondiale, il n'y a pas eu en France

(à la différence de l'Allemagne) de volonté d'extermination des malades mentaux,

il y a pourtant eu entre 1940 et 1944 45000 morts de malades mentaux, morts de faim,

en France.

              

              Franck Seuret s'est fait ouvrir les portes et les archives d'hôpitaux psychiatriques, notamment celui de Clermont de l'Oise.

 

Trois premières projections sont programmées :

- le samedi 22 septembre au cinéma de Clermont de l'Oise, à 17h

- le mardi 2 octobre, au cinéma Utopia, à Montpellier, à 20h

- le mercredi 10 octobre, au Mémorial de Caen, à 19 h

D'autres projections suivront, puis ce documentaire sera disponible sur internet en 2019

Vous pouvez accéder à l'article du Courrier Picard ici :

https://www.facebook.com/pg/lafaimdesfous/photos/?tab=album&album_id=2006038106353094

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"12 jours", film de Raymond Depardon

13 Décembre 2017 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Le Film de Raymond Depardon tourné à l'hôpital du Vignatier et produit par Claudine Nougaret, à Lyon sort dans les salles.

La Loi de 2013 sur les soins psychiatriques et l'hospitalisation sans consentement a été retoquée par le conseil constitutionnel, introduisant l'obligation pour le malade d'être vu par le juge des libertés. Raymond Depardon a filmé ces audiences, une fenêtre sur les pratiques de soins actuelles en France, qui donne à réfléchir sur la liberté et l'enfermement.

Le journal Suisse Le Temps a proposé une interview Depardon, le 8 décembre 2017 la voici :

 

Raymond Depardon: «La psychiatrie est très cinématographique»

Avec «12 jours», le Français signe un documentaire puissant sur les personnes internées de force. L’occasion d’une rencontre avec le cinéaste-photographe

Douze jours. C’est le délai durant lequel les personnes internées en psychiatrie contre leur gré doivent être présentées à un juge, depuis la loi du 27 septembre 2013 en France. Un sujet comme une évidence pour Raymond Depardon. Le cinéaste-photographe s’est penché sur un asile vénitien – San Clemente – et sur les urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Il a suivi des délinquants pris en flagrant délit puis assisté à des audiences à la 10e chambre du tribunal correctionnel de la capitale.12 jours, en salle mercredi 13 décembre, réunit le monde des soins psychiatriques et celui de la justice.

Le film démarre par un long travelling dans un couloir vert clair, nu et silencieux. Nous sommes à l’hôpital du Vinatier, à Lyon, le plus important complexe psychiatrique du pays. Dans un simple bureau, des juges se relaient pour recevoir les patients enfermés malgré eux et leurs avocats. La caméra passe de l’un à l’autre, en plan serré le plus souvent. L’entretien dure quelques minutes et c’est toute une vie qu’il faut résumer. Les patients suintent l’angoisse, la misère, la colère parfois.Tous exposent un parcours cabossé et l’envie de se reconstruire dehors. Ils semblent seuls et démunis face au verdict des médecins et au jargon des juges. Fidèle à sa manière, Depardon filme sans commenter. Et le public encaisse une réalité brute. Entretien.

Le Temps: Pourquoi ce sujet?

Raymond Depardon: Depuis longtemps avec Claudine Nougaret, mon épouse, nous avions envie de revenir sur le sujet de la psychiatrie sans savoir par quel biais l’aborder. La magistrate Marion Primevert, que j’avais rencontrée sur le tournage de 10e chambre, est venue me voir avec la psychiatre Nathalie Giloux pour me parler de cette loi votée en 2013. Je l’ignorais. Elles m’ont proposé d’aller assister à quelques audiences au Vinatier, où travaille Nathalie Giloux. Cela m’a intéressé parce que je n’avais jamais tourné dans la région lyonnaise, d’où je viens. J’ai trouvé cela difficile à filmer. Il s’agit d’un bureau transformé en salle d’audience, tout le monde est en civil…Mais l’intérêt se situe dans les gens, des gens que l’on n’avait jamais vus. L’absence du psychiatre, qui joue pourtant un rôle capital, est l’autre élément qui m’a plu. Le patient s’exprime librement durant cinq à dix minutes.

– Avez-vous rencontré des difficultés à obtenir des autorisations?

– Les précédents films sur la justice m’ont aidé. Les magistrats m’ont fait confiance. Je crois qu’ils apprécient le fait que je travaille avec peu de matériel, sans mise en scène. Je fais en sorte de ne pas déranger les gens, comme un parfait abat-jour ou un portemanteau. Peut-être parce que je viens de la photographie. L’école de la magistrature, à Bordeaux, qui se sert de mes films comme matériel.

– Comment s’est passé le tournage?

– Je voulais que rien ne m’échappe de cette discussion presque hors justice. J’avais remarqué le regard des patients, fixe; ils ne clignaient pas des yeux, sans doute à cause des traitements. C’était impressionnant et je les voulais en gros plan. Idem avec le magistrat. Pour la première fois, j’ai travaillé avec des caméras numériques car les audiences durent entre dix et quinze minutes et la pellicule ne va pas au-delà de dix. J’avais un peu peur, moi qui suis toujours resté fidèle à l’argentique, en photographie aussi. On m’a proposé de louer des objectifs Panasonic à Los Angeles. Je voulais de la qualité. Ces gens-là, il ne faut pas les esquinter, ne pas rajouter de la misère à la misère. Nous avons tourné avec un peu plus de 70 personnes et en avons gardé 10. C’est un bon ratio. Plus je vieillis, moins je tourne! On a écarté les cas trop semblables et refusé d’être complaisants. Je ne voulais pas de cris ou de personnes se tapant la tête contre les murs. La psychiatrie est très cinématographique.

– Comment ressort-on d’un tel tournage?

– C’est difficile. Lorsqu’ils sont face à la justice, les gens disent: «Je suis innocent». Là, ils disent: «Je veux sortir». Le Vinatier est un hôpital avec un grand terrain, genre paternaliste. Il n’y a plus de barrières, mais des clés électroniques. Ce sont plutôt les infirmiers qui sont enfermés dans une sorte de cage de verre. Il y a deux salles de télé, deux cours de promenade, des grillages aux fenêtres. Les murs sont nus. On n’entend presque plus de cris. Je me sens plus proche des patients que des prisonniers; il y a quelque chose de mystérieux dans la maladie mentale, des fulgurances, parfois proches de la poésie.

– Vous vous penchez beaucoup sur les gens en souffrance ou perdus face aux institutions. Pourquoi?

– C’est bizarre. J’ai eu une enfance heureuse dans la vallée de la Saône. Mes parents étaient très XIXe siècle mais ils ne m’ont jamais donné une gifle. C’étaient des gens adorables. En faisant mon métier de photographe, de journaliste, j’ai été enfermé quelquefois, à Prague, au Tchad. Je me suis même un peu réfugié en Suisse après l’affaire Claustre [une archéologue française enlevée au Tchad, que Raymond Depardon a filmée avant sa libération, ndlr]. J’étais à ramasser à la petite cuillère à cette époque, je photographiais toujours des combattants contre les murs.

Pour la rétrospective actuelle à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Agnès Sire a identifié quatre thématiques principales dont l’enfermement. C’est là, présent. C’est un sujet qui m’intéresse mais par quel bout le prendre? Où mettre la caméra? Si tu te fais enfermer dedans, tu ne vois plus rien et la porte entrouverte ne veut rien dire… Il y a toujours cette équation de la distance, du cadre, de la lumière aussi.

– La méthode Depardon, c’est l’anti-voix off. Les scènes doivent-elles parler d’elles-mêmes, comme les photographies?

– J’aime le cinéma direct. On m’a dit il y a longtemps que je faisais de l’ethnométhodologie. Mais il m’arrive aussi de réaliser des films parlés. Lorsque je suis chez moi, en France, je préfère laisser

raconter les gens et disparaître. Ailleurs, quand je filme en qualité d’Occidental, en tant qu’homme concerné, je me dois de dire qui je suis, de me présenter. Je n’arriverais pas non plus à faire du cinéma direct sans une pression: de l’homme politique, du rédacteur en chef, du psychiatre, du juge… Il me faut un rapport tendu, une hiérarchisation. Je ne pourrais pas faire des films sur une sage-femme ou un pompier, par exemple. 

– Vous signez vos films avec votre épouse Claudine Nougaret. On dit même que votre voyage de noces s’est transformé en tournage.

– Oui, notre voyage de noces s’est déroulé aux urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, il y a juste trente ans. Claudine s’occupe du son, elle est directrice artistique sonore. Nous parlons beaucoup, nous hésitons, nous nous engueulons parfois. C’est assez rare le cinéma en couple, ce sont plutôt des frères qui travaillent ensemble d’habitude. Nous sommes très fiers car nous avons inauguré il y a quelques jours une salle Nougaret-Depardon à l’école Louis-Lumière. C’est bien pour la parité, bien pour le son et l’image.

– Comment décidez-vous de traiter tel sujet en photographie, tel autre en vidéo ou parfois d’utiliser les deux moyens, comme pour «Les Habitants»?

– C’est l’attirance, le plaisir. L’alternance permet de garder le plaisir, de se remettre en cause et d’avancer. Je me souviens de Rohmer et Rouch qui disaient: «Il faut qu’il y ait toujours une passion.» Eux vivaient même d’autre chose, ils étaient ethnologues, enseignants… et quand ils faisaient leurs films, c’était vraiment pour leur plaisir. Là, j’ai envie de photographie parce que je viens de passer presque un an à tourner et à monter. Je ne sais pas si je vais aller en Afrique, en Amérique du Sud, en France…

Lorsque je suis dans le désert, je songe à rentrer faire un film en France, dans un commissariat. Et lorsque je suis à Paris dans les embouteillages, je pense à la lumière unique de la Patagonie ou aux gens qui m’attendent au Tchad. Ils me disent «vous avez trop duré Raymond», lorsque je ne suis pas revenu depuis longtemps. Le problème, c’est que j’aime beaucoup d’endroits et que j’ai toujours envie de retourner dans ces lieux. J’ai peur d’aller dans un nouveau pays à cause de cela! En alternant ainsi, j’ai préservé mon cinéma et vécu de la photographie.

– L’attrait pour la photographie est venu en découvrant l’appareil de votre frère.

– Oui. Et comme je n’ai pas fait d’études secondaires, mon père est allé voir le photographe du coin un jour de marché pour lui demander de me prendre comme apprenti. J’avais quinze ans, j’ai appris ainsi. Cela a été ma chance, avant que je ne parte à Paris, moi le petit provincial.

– Etre fils de paysans vous a longtemps complexé mais vous dites que cela vous a également aidé à approcher les gens.

– J’étais très casanier mais par chance, on m’a envoyé très tôt à l’étranger. J’ai commencé à m’y plaire. Je rencontrais beaucoup de paysans et j’étais à l’aise. C’était ma petite vengeance par rapport aux photographes des grandes villes, qui étaient un peu intimidés face aux nomades, aux gens sur les routes… Moi pas, je me mets en face d’eux et je souris. On ne parle pas la même langue mais quelque chose passe car j’ai eu cette enfance rurale. Il était beaucoup plus difficile pour moi de photographier des femmes à Paris. Fils de paysans complexé, je les prenais toujours de dos et on se moquait de moi pour cela!

– Que retenez-vous de Magnum?

– Magnum a été un tremplin. Je suis passé d’une agence régionale, Gamma, avec ses petites jalousies, à une agence internationale. J’y ai découvert une génération au regard tendre, quelque chose d’un peu usé, fatigué. Certains avaient 60 ou 70 ans. Les Fusco, Burt Glinn… Ils avaient fait la révolution à Cuba, des choses incroyables, ils avaient des vêtements patinés, un vieux sac en daim… et ils voulaient toujours être photographes. C’était rassurant!

– La rétrospective qui vous est consacrée à la Fondation HCB s’intitule «Traverser». Pourquoi?

– C’est un hommage à Nicolas Bouvier et à Bruce Chatwin. L’idée de mouvement, de continuer et de se remettre toujours en question. Je n’ai pas envie de tirer le bilan, de faire des monographies, ce genre de choses… Mais je sens bien que certains journalistes en ont marre: ils disent que je suis «un marronnier». Je ne veux pourtant prendre la place de personne, je suis le premier à la laisser aux jeunes. J’ai suffisamment souffert de mes pairs par rapport à cela.

Cartier-Bresson, je l’aime bien, c’est un très grand photographe. Mais quand vous allez voir un éditeur et qu’il vous répond: «On ne va pas faire un livre parce que tu n’es pas Cartier-Bresson.» J’en avais marre et je l’ai dit une fois. On m’avait répondu: «Ouh là là! Tu attaques le père, le maître.» Pas du tout, mais je ne voudrais pas être comme cela!

En dates

1942: Naissance dans une famille de cultivateurs à Villefranche-sur-Saône.

1954: Premiers instantanés à la ferme.

1956: Engagé comme apprenti chez un photographe de Villefranche-sur-Saône.

1958: Devient l’assistant de Louis Foucherand, après avoir trouvé son adresse à la rubrique reporter-photographe de l’annuaire.

1960: Rentre à l’agence Dalmas.

1966: Crée l’agence Gamma.

1970: Premier voyage au Tchad avec notamment Gilles Caron.

1974: Premier long-métrage documentaire, sur la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing. Une partie de campagne ne sortira en salle qu’en 2002.

1978: Rejoint Magnum. Tourne San Clemente dans un hôpital psychiatrique vénitien, après un travail photographique sur le sujet.

1984: Participe à la mission photographique de la Datar.

1989: Photographie la chute du mur de Berlin.

1995: «Délits flagrants» obtient le César du meilleur documentaire.

2000: «Détours», première grande exposition à la Maison européenne de la photographie.

2004: Commence à photographier la France et son territoire, une mission qui durera cinq ans.

2012: Réalise le portrait officiel de François Hollande.

2017: «12 jours» est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes.

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Film Folles de joie

6 Juillet 2016 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma, #thérapeutiques

Un film pétulant et chaleureux qui nous emporte allègrement au royaume de la folie. Du pur concentré de bonne humeur.

Ce film très bien interprêté par Valeria Bruni Tedescihi et  Michaela Ramazotti renvoie aussi à une certaine réalité de la psychiatrie en France, dont la structure est  progressivement désossée de ses moyens thérapeutiques au profit de l'abord chimiothérapique. Ici, l'importance des lieux où l'on peut se ressourcer est réaffirmée.

 

Une pétition court toujours, que vous pouvez lire ici :

Pour  une psychiatrie humaniste :

https://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-la-sant%C3%A9-pour-une-psychiatrie-humaniste

 

pour lire une présentation allez ici : http://www.avoir-alire.com/folles-de-joie-la-critique-du-film

pour lire une présentation allez ici : http://www.avoir-alire.com/folles-de-joie-la-critique-du-film

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Film Le divan du Monde

17 Mars 2016 , Rédigé par c-p-p-sud Publié dans #Cinéma

Film Le divan du Monde

Sortie le 16/03/2016:

Réalisé par : Swen de Pauw

Le cabinet du docteur Georges Federmann est un lieu exceptionnel. Chez ce psychiatre agréé par la DDASS pour l'examen des malades étrangers, consultent des patients français et des demandeurs d'asile. Pour certains d'entre eux l'aide médicale constitue le dernier moyen de rester sur le territoire, pour d’autres c’est un soutien pour garder l’envie de vivre. Originaires du quartier, du village voisin ou d'un autre continent, ils viennent raconter ici leur histoire.

À travers le travail quotidien du cabinet de Georges Federmann, un psychiatre indépendant, agréé par la DDASS et la préfecture du Bas-Rhin ( France – Alsace ) pour l’expertise psychiatrique des demandeurs d’asile, le film « Le Divan du Monde » se fait le témoin des consultations de patients français et étrangers aux origines très diverses.

Le film se tournera sur plus d’un an, en huis clos, construisant son récit en cinéma direct, filmant au quotidien ce qui se trame à l’intérieur de ce lieu pas comme les autres : une salle d’attente où se rencontrent les patients, le bureau de la secrétaire où l’on se confie parfois, une cuisine où l’on vient prendre un café ou fumer et le cabinet du psychiatre où se déroulent les consultations.

Tous les protagonistes du film apparaitront à visage découvert. Leurs histoires personnelles se développeront au fil de leurs venues régulières. Certains y viennent pour trouver un point d’ancrage dans leur existence difficile, pour soigner des troubles psychiatriques profonds, des dépendances lourdes aux médicaments, à la drogue ou à l’alcool. D’autres viennent raconter leur difficulté à affronter la vie et la violence du monde. Tous viennent trouver des conseils, une écoute, de la douceur, et même de la joie et du rire souvent. Certains viennent en couple depuis des années. Ceux qui sont arrivés plus récemment, de Mauritanie, d’Algérie ou d’Ukraine, trouvent ici un refuge face à l’impossibilité de vivre dans leur pays compte tenu de leur maladie et de leur situation.

Au delà de l’évidence du travail mené par ce docteur, de l’empathie et de la force que dégagent les histoires de ces patients, le film interroge la place de la psychiatrie dans notre société et dans différentes cultures du Monde. Ce faisant, il donne une image profondément humaniste de ce que les plus fragiles d’entre nous perçoivent de la dureté du monde qui les entoure et de la difficulté d’y trouver sa place.

Bande annonce: http://www.seppia.eu/fr/le-divan-du-monde/

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